Le choix de la minette : les acquis de la recherche récente sur le développement de la sidérurgie ancienne en Lorraine avant le haut fourneau
2009
Marc LEROY

Extrait de : "Les arts du feu (édition électronique)"
sous la direction de Nicole Meyer-Rodrigues et Michel Bur, 127e Congrès National des Sociétés Historiques et Scientifiques, Nancy, 2002

Yves HENIGFELD, Marie GLOC, Francis ROUSSEL, Joëlle GUIDINI-RAYBAUD, Marc LEROY, Richard HERBACH, Thierry VIOLLET, Philippe FLUZIN, Mireille-Bénédicte BOUVET, Claude MAZAURIC, Charles KRAEMER, Guillaume HUOT-MARCHAND, Martine VOIRIN, Murielle GEORGES-LEROY, Dominique HECKENBENNER, Bertrand HOERNER, Renée LANSIVAL, Nicolas MEYER, Édith PEYTREMANN, Marilyne PREVOT, Pascal ROHMER, Jean ROSEN, Henri AMOURIC, Lucy VALLAURI, Jean-Louis VAYSSETTES, Jean-Michel MINOVEZ, Christian LECOMTE, Jacques THIRIOT

2009
p.85-100
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Démontant les idées reçues et les affirmations péremptoires véhiculées par les milieux industriels à partir du XIXe siècle, les recherches conduites depuis une quinzaine d'années sur les vestiges archéologiques de la production sidérurgique ancienne en Lorraine, dans le cadre d'un programme pluridisciplinaire associant le laboratoire d'Archéologie des métaux, le Centre national de la recherche scientifique et le ministère de la Culture, ont démontré sans équivoque l'utilisation largement préférentielle du minerai oolithique aalénien (la minette) en sidérurgie directe, dès la période romaine, durant tout le Moyen Âge et même encore au début de la période moderne. Et ceci, alors même que les anciens forgerons disposaient d'un minerai de fer beaucoup plus riche (le fer-fort), dans des conditions d'accessibilité équivalente.
À travers la fouille d'ateliers de production, l'étude en laboratoire des vestiges de la production et la mise en place d'une approche expérimentale, l'équipe de recherche s'est attelée à restituer les conditions de réduction de ce minerai si particulier et à comprendre la manière dont les anciens forgerons en ont tiré le meilleur parti.
Les travaux tentent aussi de reconstituer les étapes historiques du développement des districts de production de Lorraine centrale (Haye) et septentrionale (Pays-Haut), en cherchant à déterminer la nature du ou des minerais utilisés (minerai oolithique ou minerai de fer-fort) aux différentes époques considérées, soit jusqu'à la généralisation de la sidérurgie indirecte de la fonte et du haut-fourneau. Un effort particulier de datation de sites au moyen du radiocarbone a permis d'aboutir à la mise en évidence d'un fort développement des districts de production au cours de l'époque médiévale, prolongeant des antécédents d'époque romaine plus diffus, mais réels.