L’innovation énergétique dans l’industrie papetière, des défibreurs aux hautes chute
2009
Louis ANDRE et Serge BENOIT

Extrait de : "Innovation dans la gestion environnementale des territoires de montagne (édition électronique)"
sous la direction de Jean-Paul Bravard ; 131e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 37-48
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À partir de 1860, l’industrie papetière se trouve confrontée à la nécessité d’utiliser comme matière première la cellulose extraite du bois pour répondre au développement des imprimés de toutes sortes, journaux, mais aussi cartons et emballages. Les nouveaux défibreurs à bois qui produisent de la pâte de bois mécanique sont de gros consommateurs d’énergie et dépassent les besoins des papeteries classiques. Aussi les fabricants recherchent-ils des régions boisées et pourvues de ressources hydrauliques aménageables, le tout à proximité des papeteries consommatrices de pâtes. Dans les Alpes et les Pyrénées, les Vosges, les sites vont se multiplier. Les technologies hydrauliques disponibles, particulièrement les turbines, permettent dans de nombreux cas, au prix d’aménagements fonciers, d’installer des défibreurs sur des chutes moyennes ou basses dont la régularité de débit compense la faiblesse de puissance.
Cependant, face à la pénurie de sites disponibles et aux besoins croissants, l’utilisation des hautes chutes apparaît comme une solution effective, particulièrement en Grésivaudan, dès 1869. On trouve ici les réalisations restées célèbres des Bergès, Fredet, Matussière et autres papetiers dauphinois dans une contrée qui est déjà la première région papetière de l’Hexagone. Cependant, dans d’autres pays voisins ou scandinaves, l’utilisation des hautes chutes et des potentiels hydrauliques dépassera la simple papeterie. En France, cette ère hydromécanique dominée par la papeterie et les cimenteries prépare brillamment l’arrivée de l’hydroélectricité et de ses utilisations en électrométallurgie et électrochimie sous des hautes chutes après 1885.