Vers un observatoire photographique du paysage en Camargue
La photographie pour témoigner du paysage et de ses changements - 2009
Alain DERVIEUX

Extrait de : "Genres et usages de la photographie (édition électronique)"
sous la direction de Bertrand Lavédrine ; 132e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007
2009
p. 9-24
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le projet de constitution d’un observatoire photographique du paysage en collaboration avec le Parc naturel régional de Camargue comporte deux volets. Le premier s’appuie sur des photographies diachroniques rétrospectives. Il est destiné à évaluer les changements jusqu’au présent. Le deuxième a pour objectif de construire l’observatoire avec des couples rétrospectifs complétés par de nouvelles séries pour échantillonner les sites, dont le suivi sur le long terme s’avère indispensable.
Des photographies du début du XXe siècle sont collectées pour les reconduire à notre époque et analyser les changements appréhendés par ailleurs à d’autres échelles d’espace et de temps. Une collection de photographies de l’auteur (1975-1985) sera également exploitée. Dans cet espace horizontal – c’est un delta –, la méthodologie des analyses inspirées de travaux antérieurs sur le bassin versant de l’Hérault nécessite d’être revisitée. Il s’agira ensuite de construire de nouvelles séries photographiques (prospectives) selon les besoins de suivis à long terme des différents thèmes/sites paysagers. Les reconductions pourraient être réalisées tous les cinq ans, comme celui de l’occupation du sol sur le territoire du Parc. Les analyses et les collections aideront à une meilleure compréhension des changements pour construire une gestion collective et partagée du territoire.
Une des clés de la compréhension de l’évolution de la Camargue est donnée par le passage d’une Camargue fonctionnant selon des rythmes climatiques méditerranéens (sécheresse estivale) à une zone humide littorale soumise à des rythmes écologiques perturbés par les introductions estivales massives d’eau douce, résultant des besoins de la riziculture. L’eau est devenue un élément majeur de la nature contemporaine des paysages camarguais. Les changements écologiques se traduisent dans le paysage.