Lecture de la désertification dans les écosystèmes secs au Sahara d’après les images satellites et les photographies aériennes
2009
Frédéric DUMAY et Monique MAINGUET

Extrait de : "Genres et usages de la photographie (édition électronique)"
sous la direction de Bertrand Lavédrine ; 132e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007
2009
p. 25-36
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Depuis la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), l’utilisation stratégique des photographies aériennes est la prise de conscience que la maîtrise de l’information est un outil essentiel de décision. Avec l’utilisation des premiers satellites civils (Landsat) et avec les photographies aériennes, la télédétection est devenue un outil indispensable aux écologues. La voie de l’observation à l’échelle synoptique des paysages avec l’utilisation des premières images satellitales Landsat est ouverte en 1972 (Mainguet, 1972)
Grâce aux missions photographiques réalisées par l’Institut géographique national (IGN) aux différentes échelles dès 1954 en Afrique occidentale française (AOF) et notamment en République islamique de Mauritanie (RIM), des analyses diachroniques et multi-échelles ont pu être réalisées à partir de ces documents d’archive. La confrontation de mosaïques de photographies aériennes des années 1950 avec des images satellitales, notamment une mosaïque Landsat composée d’images au 1/1 000 000 de 1972-1974, d’images SPOT 1 et 2 panchromatiques au 1/100 000, d’une image SPOT P +XS au 1/200 000, et d’une mosaïque SPOT au 1/1 000 000 composées d’imagettes XS au 1/1 000 000 témoigne de l’évolution de l’état de l’environnement (couverture végétale et notamment état de surface des couvertures sableuses). L’intégralité de la carte topographique au 1/200 000 – réalisée d’après les photographies aériennes des 1950 à 1960 – a également été utilisée.
La Mauritanie est désertique sur 90 % de sa superficie, ce qui lui a valu le surnom de « République des sables ». La possession de la mosaïque Landsat 1972-1974 au 1 000 000 et la construction de la mosaïque Spot 1 000 000 de la situation actuelle offre la possibilité de constater les modifications quantitatives et qualitatives de l’état de sa couverture sableuse. Les données pluviométriques et les tempêtes de sable analysées sur cette même période et les analyses granulométriques des sables prélevés dans les aires de dépôt et les aires d’érosion aboutissent à la connaissance des processus de désertification. Les images satellitales et les campagnes d’observation sur le terrain permettent de voir quels sont les signes probants de la désertification dans le paysage et d’aboutir à la réalisation d’une carte morphogénétique des édifices éoliens en liaison avec leur situation dans le Système Global d’Action Éolienne (SGAE).