Peinture et reproduction photographique au XIXe siècle
Usages de la photographie par les artistes comme moyen de reproduction et de documentation de leur œuvre - 2009
Laure BOYER

Extrait de : "Genres et usages de la photographie (édition électronique)"
sous la direction de Bertrand Lavédrine ; 132e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007
2009
p. 93-99
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À son apparition en 1839, la photographie a soulevé une vive polémique auprès des artistes et dans le milieu de l’art. Que l’on ait vu en elle une rivale ou au contraire qu’on l’ait adoptée comme source de documentation et comme moyen de reproduction, une loi du silence s’installa sur cette nouvelle pratique. Peu de peintres et de sculpteurs de la seconde moitié du XIXe siècle se sont exprimés sur leurs usages de la photographie. Elle était cependant partout présente dans les ateliers d’artistes et certains ont entretenu avec les photographes des liens étroits, à l’instar des graveurs et des lithographes. Face à une demande croissante, les photographes se spécialisèrent dans la reproduction photographique des œuvres d’art. Robert J. Bingham, Jules Michelez, Pierre Richebourg, Adolphe Braun et la maison Goupil & Cie étaient les plus reconnus. Ils s’attachèrent les faveurs des artistes et même parfois l’exclusivité. Ceci donna lieu à un nouveau marché et à une véritable industrie éditoriale. Le statut et les usages de la photographie de reproduction, notamment par Courbet, ainsi que les questions de droits d’auteur et droits de reproduction qu’elle a relancées à cette époque, seront ici évoqués.