La photographie, moyen d’expression, source irremplaçable de l’histoire et instrument de démocratie
L’exemple des photographies de Jacques Winderberger : « Les vertus du temps de pause » - 2009
Michel QUETIN

Extrait de : "Genres et usages de la photographie (édition électronique)"
sous la direction de Bertrand Lavédrine ; 132e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007
2009
p. 123-127
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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L’an dernier, en 2006, Jacques Windenberger a fêté la cinquantième année de sa carrière de photographe documentaire. Au départ journaliste rédacteur (et donc homme de l’écrit) de la presse quotidienne dans sa ville natale de Bourg-en-Bresse, il devient journaliste reporter photographe pour l’agence Keystone, puis, dans la région parisienne, à Sarcelles et, durant cinq ans dans les campagnes françaises pour le journal du Centre national des jeunes agriculteurs. Tout ceci était entrecoupé de périodes de reportages à l’étranger. Spécialiste sa vie durant des questions sociales, il s’installe dans le Midi de la France, pour couvrir le chantier du complexe industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer et dans l’agglomération marseillaise. N’ayant jamais arrêté de réfléchir sur son métier, ses développements et enrichissements, il n’a de cesse d’en tirer, outre la matière de ses ouvrages. Depuis 1965, Jacques Windenberger publia notamment : La photographie, moyen d’expression et instrument de démocratie (1965) ; Images de Marseille : Question de fraternité (1994) ; Temps de pause : 40 ans de photographie documentaire, 1958-1998 (1999) ; Est-ce ainsi que les gens vivent ? Chronique documentaire, 1969-2002 (2005). Il enseigna durant dix ans, notamment au sein de l’université de Provence. Construisant dans la durée, dans l’enracinement, son travail de témoin, Windenberger parvenait encore à transmettre ses réflexions sur la photographie et sur la sienne propre, communiquant ses images à des chercheurs en sciences humaines, qui lui apportaient leurs propres commentaires pour ses livres. Son œuvre de témoin s’en trouvait enrichie.
La place de Windenberger est particulière en ce sens qu’il s’est très tôt totalement engagé et qu’il prit au sérieux à la lettre la phrase d’Umberto Eco : « Une civilisation démocratique ne se sauvera que si elle fait du langage de l’image une provocation à la réflexion et non une invite à l’hypnose. » Toute sa vie professionnelle, Windenberger produit seul « [...] une espèce d’image où le sujet intervient directement », selon les mots d’André Pozner publiés à propos de l’agence photographique Viva dans la revue Jeune photographie.
Jacques Windenberger a déposé à Paris, à la Bibliothèque publique d’information du Centre Georges-Pompidou, neuf mille de ses images réalisées entre 1960 et 2000. Il travaille actuellement à la cession de son fonds de photographies, couvrant un demi-siècle, aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône.