Les ordres militaires et la mer en Arménie cilicienne (milieu du XIIe-fin du XIVe siècle) Les ordres militaires et la mer en Arménie cilicienne (milieu du XIIe-fin du XIVe siècle)
2009
Marie-Anna Chevalier

Extrait de : "Les Ordres militaires et la mer (édition électronique)"
sous la direction de Michel Balard ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
2009
p. 61-78
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Les ordres religieux-militaires occupèrent une place de choix dans la vie de l'Arménie cilicienne, que ce soit aux plans politique et militaire, mais aussi en raison de l'influence qu'ils exercèrent sur les différents souverains arméniens. Bien que la majeure partie de leurs biens fonciers dans ce pays fût située à l'intérieur des terres (à l'exception notable de la ville de Séleucie), les templiers et les hospitaliers obtinrent la propriété de plusieurs ports relativement modestes, mais jouant cependant un certain rôle commercial, tels que Port-Bonnel (cf. correspondance d'Innocent III) ou encore Canamella (cf. Lettre du roi Lewon Ier, dans le Cartulaire général de l'ordre des hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (1100-1310) de J. Delaville Le Roulx). De plus, les templiers possédaient un débarcadère à Ayas (Lajazzo), port d'une importance primordiale dans le commerce du Levant à la fin du XIIIe siècle. Les sources évoquent très clairement la présence de navires appartenant à l'ordre de l'Hôpital dans ce port. Ils étaient utilisés à diverses fins : certains d'entre eux étaient nolisés pour le commerce (en particulier celui des Génois, cf. actes notariés de 1279 publiés par C. Desimoni dans Archives de l'Orient latin), d'autres étaient employés dans le cadre de missions diplomatiques (cf. Marco Polo ; exemple des interventions des hospitaliers entre Chypre et l'Arménie, cf. chroniques d'Amadi, Strambaldi et Bustron), et, pour finir, il faut évoquer l'usage militaire de ces bateaux, celui du transport de troupes, et mettre l'accent sur la fréquence du lien maritime entre Rhodes et l'Arménie tout au long du XIVe siècle (cf. entre autres, Lettres de Benoît XII en 1336, de Clément VI en 1351, d'Urbain V en 1369).