La dynamique temporelle dans l'école française de géographie. L'exemple des systèmes agri-religieux
2009
Fabien VENON

Extrait de : "Temps en partage (édition électronique)"
sous la direction de Joël Candau ; 129e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Paris, Éditions du CTHS
2009
p. 99-110
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le temps est une donnée essentielle de la science de l'espace. La dynamique temporelle permet notamment de se rendre compte de l'évolution de la pensée géographique, en fonction des époques. Ainsi, dans le contexte scientifique, culturel et politique de la fin du XIXe siècle, le père fondateur de l'école française de géographie, Paul Vidal de La Blache, développe une représentation du temps positiviste, conduisant les sociétés sur un axe orienté depuis un âge théologique vers un âge scientifique. La « mort de Dieu » prévisible compromet, de fait, l'analyse des systèmes agri-religieux, fusionnant l'espace et le temps agricoles et religieux. Les études disparaissent d'Occident et, même dans le tiers-monde, toute dynamique temporelle s'efface. Les analyses de Jacques Richard-Molard ou Xavier de Planhol paraissent alors fort novatrices lorsqu'elles réintroduisent une dimension temporelle à l'explication géographique. Toutefois, cette perception du temps est proche de l'analyse vidalienne. C'est en effet en dehors de l'école française de géographie que se fait jour une tout autre approche. Un auteur spiritualiste tel que Pierre Deffontaines, partisan d'un temps téléologique, se trouve ainsi en porte à faux avec son temps universitaire.