Du Jardin des Plantes au Muséum d'Histoire naturelle Deux siècles de réseautage en sciences naturelles entre l'Ancien et le Nouveau Monde
2010
Mélanie DESMEULES

Extrait de : "Échanges scientifiques et techniques, d'une rive atlantique à l'autre (édition électronique)"
sous la direction de Gérard Pajonk ; 133e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Québec 2008

Alain COUTELLE, Mélanie DESMEULES, Nicolas HATZFELD, Stéphanie TESIO, Pierre DEMERS, Ginette GABLOT, Laurence MACHET, Jean-Christophe FICHOU, Dominique GUILLE, Michèle VIROL, Jocelyne PELLERIN, Jean-Claude AMIARD, Yves-François LE COADIC
2010
p. 27-38
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

La période de la fin du XVIIIe jusqu'à la fin du XIXe siècle marque un important changement dans les relations d'échanges et les réseaux qui se sont créés entre l'Ancien et le Nouveau Monde. Au cours de la période du régime français en Amérique du Nord, appelé Nouvelle-France, quelques naturalistes, venus de la métropole, se doivent de remplir des commandes de scientifiques qui contrôlent les tenants et les aboutissants de l'exploration du nouveau territoire. Les naturalistes comme Michel Sarrazin, médecin et botaniste du roi, Jean-François Gaultier, également médecin du roi, et André Michaux, botaniste, partent à la recherche des ressources de la nature canadienne. De cette exploration, des connaissances sur la faune et surtout la flore, de même qu'une foule de spécimens, sont envoyés au botaniste en charge au Jardin des plantes, à Paris, ou au scientifique membre de l'Académie des sciences auquel le naturaliste est lié par correspondance. Ces données récoltées servent aux scientifiques de la métropole qui peuvent ainsi ajuster leurs théories et intégrer les nouveaux spécimens à leur connaissance de la faune et de la flore du monde. Les naturalistes, en mission commandée, entrent, par le fait même, dans un réseau scientifique complexe qui leur aurait été interdit s'ils avaient pratiqué en France.
Au XIXe siècle, les scientifiques canadiens, originaires de la Province de Québec, s'adonnent à des recherches géologiques, botaniques et zoologiques. Ils entrent parfois en contact avec leurs homologues français et discutent d'égal à égal avec les représentants français des disciplines qu'ils pratiquent. Ils acquièrent donc une autonomie qui se reflète de par la reconnaissance de leurs pratiques scientifiques et leur intégration dans un réseau scientifique international.