Les peintres décorateurs au service de l'aristocratie romaine à la fin de la République
2011
Gilles SAURON

Extrait de : "Les travailleurs dans l'Antiquité : statuts et conditions (édition électronique)"
sous la direction de Jean-Paul Morel ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Jean-Paul MOREL, Catherine CHADEFAUD, Philippe JOCKEY, Arthur MULLER, Marion MULLER-DUFEU, Gilles SAURON, Marcus KOHL, Yann LE BOHEC, Fabienne OLMER, Michel CHRISTOL, Jean-Paul PETIT, Pascale CHARDRON-PICAULT†, François BARATTE, Roger HANOUNE, Chantal VOGLER

2011
p. 66-76
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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La révolution décorative que connaît le revêtement des parois des maisons romaines vers 100 avant J.-C., autrement dit le passage du premier au deuxième style pompéien, consistant à substituer à la technique du stuc moulé et peint celle de la peinture à fresque sur enduit lisse, est sans doute liée à l'arrivée à Rome des peintres «scénographes», chargés par les magistrats de compléter les scènes provisoires de Rome de décors peints représentant des architectures vues en perspectives. La seconde révolution décorative, vers 80 avant J.-C., qui a consisté à compliquer l'iconographie des fresques de nombreux thèmes nouveaux (rotondes parfois vides, rideaux noirs baissés, portiques sans toit etc.) est sans doute due à l'initiative de membres de l'oligarchie romaine, intéressés à s'entourer dans le cadre de leur vie privée d'allégories picturales. Si les peintres grecs auxquels ceux-ci ont fait appel étaient caractérisés par la virtuosité et l'extrême spécialisation de leur pratique professionnelle (ainsi, les « scénographes» ont sans doute été aidés par des peintres «anthropographes» pour réaliser un genre de décor plus rare, que Vitruve désigne du nom de «mégalographie»), l'examen du contenu des fresques qu'ils réalisaient amène à conclure qu'ils devaient obéir à des commandes très détaillées et qu'ils n'étaient probablement pas informés de leur signification.