Paroles de travailleurs antiques : le dit, l'écrit, le montré
2011
Jean-Paul MOREL

Extrait de : "Les travailleurs dans l'Antiquité : statuts et conditions (édition électronique)"
sous la direction de Jean-Paul Morel ; 127e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Nancy, 2002

Jean-Paul MOREL, Catherine CHADEFAUD, Philippe JOCKEY, Arthur MULLER, Marion MULLER-DUFEU, Gilles SAURON, Marcus KOHL, Yann LE BOHEC, Fabienne OLMER, Michel CHRISTOL, Jean-Paul PETIT, Pascale CHARDRON-PICAULT†, François BARATTE, Roger HANOUNE, Chantal VOGLER

2011
p. 200-216
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)
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Dans les témoignages du monde antique qui nous sont parvenus, les travailleurs ont rarement la parole. On ne peut guère compter ni sur les textes littéraires ou même techniques, sauf exception (Pétrone), ni sur l’épigraphie lapidaire (à part un petit nombre d’épitaphes) pour nous transmettre leurs propos ou nous laisser deviner leur regard sur eux-mêmes. Toutefois quelques documents d’un autre genre — comme des reliefs, des mosaïques, des peintures, des graffitis, des incisions a cru dans l’argile —, succincts ou plus explicites, nous livrent l’écho de ce que les travailleurs exprimaient, de ce qu’ils pensaient d’eux-mêmes, de ce qu’ils souhaitaient qu’on sût d’eux.
L’analyse de quelques-uns de ces documents, écrits ou figuratifs, répartis au long des siècles dans l’ensemble du monde méditerranéen occidental, nous éclaire sur l’auto-représentation de ces travailleurs, sur certaines de leurs préoccupations ou de leurs fiertés (incertitude de l’avenir, goût et orgueil du travail bien fait, désir d’être connus ou reconnus, attachement à leurs racines géographiques ou familiales...), mais aussi sur leur degré d’alphabétisation, ou encore sur leur esprit ou leur humour, parfois remarquables.