Nature du monde, dessins d'enfants
2010
Hélène Pagezy, Stéphanie Carrière et Catherine Sabinot (dir.)
ISBN : 978-2-7355-0724-5
264 p., 24,4 x 22 cm, ill. couleur, relié
Collection : Hors collection
Code Sodis : F307772
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À l’initiative d’anthropologues, cet ouvrage rassemble plus de deux cents dessins réalisés par des enfants de onze régions du monde. De Sibérie, du Gabon ou d’ailleurs, tous ont répondu à la même demande : « Dessine-moi ta nature. » Munis de feutres, de crayons, de gouache et de papier à dessin, ils ont livré leurs connaissances et leurs perceptions d’une nature familière, domestique ou sauvage ; mis en scène des animaux qui leur sont proches tels que le renne ou la tortue marine ; témoigné des effets de la pollution, du tsunami ou encore représenté tout ce qui façonne leur vie quotidienne. Utilisant leurs connaissances fines du contexte socioculturel ou écologique, les chercheurs nous livrent les clés permettant de décrypter chaque représentation graphique. Au-delà des savoirs sur les natures et les cultures du monde, ces dessins nous étonnent et nous invitent à l’évasion.
Comptes rendus parus dans la presse :
Cafés géographiques
01/12/2010 - Gilles Fumey
Compte rendu
Extraits du compte rendu de Gilles Fumey

"C’est à une exposition au musée de l’Homme qu’on doit ce livre original et passionnant à découvrir : enfants et... chercheurs racontent comment certains peuples du monde vivent et pensent la Nature : peuples du Grand Nord, Russes et Sibériens, montagnards kighizes, Kurdes de Syrie, Gabonais, Birmans et Thaïlandais, Guyanais, Malgaches et Mahorais, Réunionnais et Jurassiens des plaines de l’Ain. Un kaléidoscope de photos et de dessins, de cartes et de textes dans un ouvrage de très belle facture.

On retrouve ici cette naïveté du dessin d’enfant que nous avons tous affiché dans nos domiciles et nos bureaux, mais les chercheurs y ont vu une perception fine d’un environnement naturel. Ces savoirs d’enfants portent sur des plantes, des animaux dont ils saisissent aisément les caractéristiques biologiques et écologiques. Rien n’est du hasard pour les chercheurs.

Cette quasi enquête est située dans un contexte dramatique d’érosion de la biodiversité, au sens large du terme, celui pour laquelle l’ONU interpelle les humains afin qu’ils la préservent. La scolarisation est vue comme un outil d’érosion culturelle dans le sens où l’école est trop dissociée de la vie quotidienne, complexe savant et construit dans les villes où la nature est peu présente. Cette perte des savoirs ethnobiologiques mérite qu’on sonne l’alerte avant qu’il ne soit trop tard. (...)"

Intégralité du compte rendu en ligne à l'adresse : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=2066

Clionautes
19/04/2011 - Xavier Leroux
Compte rendu
Compte rendu en ligne sur http://www.clio-cr.clionautes.org/spip.php?article3448

Extraits

"Réalisés en 2005 et exposés au musée de l’Homme en 2007-2008, les dessins présentés dans cet ouvrage questionnent le rapport à la nature de dizaines d’enfants des quatre coins du monde. Travail de fond de 14 chercheurs, essentiellement ethnologues, cette collecte transcende le cadre d’une recherche en s’affichant comme le témoignage indispensable de la prise de conscience des questions environnementales chez l’enfant.

Ciblant des enfants entre 9 et 13 ans, effectué dans la salle de classe ou en extérieur, le travail demandé répondait à la simple consigne de « dessiner sa nature ». Outre une présentation du cadre de vie où évoluent les enfants, l’analyse distingue le « vivre la nature », qui pointe les connaissances spécifiques sur le milieu, le type de transmission des savoirs...et le « penser la nature », qui passe en revue les perceptions, les croyances et qui démontre...que tout ne se dessine pas. (...)

Sur la forme, la conclusion de cette visite révèle avec éloquence l’acquisition précoce des savoirs naturalistes par les enfants. Sur le fond, le débat demeure celui de la sauvegarde d’un patrimoine matériel et immatériel menacé comme le symbolise l’ours sibérien en colère contre les détritus qui viennent s’amonceler sur ses terres.

Une œuvre réalisée dans la passion de la relation chercheurs-enquêtés, un splendide objet haut en couleurs, et donc une belle entrée dans la Cliothèque pour les éditions du CTHS, l’occasion de souligner une nouvelle fois (est-ce nécessaire ?) les talents de fin limier de notre gourou Bruno Modica, infatigable dénicheur de nouveaux « artistes »."



Natures, sciences, sociétés
02/08/2012 - Geneviève Michon
compte rendu
Extraits du compte rendu de Geneviève Michon, paru dans Natures, Sciences, Sociétés, 20, 104-125 (2012). Disponible en ligne sur www.nss-journal.org


"Comment parler du rapport des enfants à la nature ? Pour tenter de répondre à cette question, des chercheurs
– ethnoécologues, ethnobotanistes, anthropologues – ont invité des enfants du monde entier à dessiner le monde
qui les entoure : forêt ou mer, arbres ou animaux, paysages ou activités. Ce très beau livre rassemble ainsi plus
de deux cents dessins réalisés par des enfants de onze régions du monde : Inuits et Évènes du Grand Nord, Wayanas, Yuquis et Saramaka d’Amérique du Sud, Kurdes de Syrie, Berbères oasiens d’Égypte, Kirghiz
d’Asie centrale, Malgaches et Mahorais de l’océan Indien, Gabonais d’Afrique, Mokens de Birmanie... Les dessins, accompagnés de photos, de cartes et des textes des chercheurs, sont présentés par milieux et pays, nous invitant à une exploration originale des grands biotopes de la planète.

Ce qui frappe, en effet, à la première lecture des dessins, c’est la « familiarité » de ces natures d’enfants, à la
fois si différentes et si proches. Dans aucun de ces dessins la nature n’apparait hostile ou étrangère ; au contraire,
on a l’impression qu’il s’agit toujours de « la nature derrière chez soi », celle qui fait partie de la vie de tous les
jours.

(....)
Un autre trait frappant de ces dessins est leur oscillation entre universalité et particularismes, comme si l’on
pouvait discerner un même schéma directeur dans la diversité foisonnante des natures représentées. On peut
voir ici, dans cette succession de dessins, cet équilibre subtil entre la diversité des rapports au monde et l’universalisme
de l’intégration des éléments de la nature dans le quotidien des enfants.

(...)

Reste aussi, et c’est ce qui fait la force de cet ouvrage étonnant et original, la charge émotionnelle de ces dessins,
qui sont autant des représentations mentales ou des témoignages de la diversité de la nature que d’authentiques
oeuvres d’art. Il est, en effet, des dessins qui emmènent le lecteur bien au-delà des natures qu’ils représentent.
Ainsi celui de Maïki, jeune Indien wayana, qui dessine sa pêche au kumaru comme s’il l’avait observée depuis le faîte du grand arbre dans lequel il est allé cueillir ses fruits-appâts, en une surprenante contreplongée.
Ou ces dessins des jardins kurdes, débordant de détails et de réalité, dépeignant une nature construite
comme un jardin d’éden."