Marguerite d'Autriche, une femme de pouvoir. L'exemple des vitraux de Brou
2010
Sandrine Jacquot

Extrait de : "Les Femmes, supports de la tradition ou actrices de l'innovation ? (édition électronique) "
sous la direction de Nicole Lemaitre, introduction par Isabelle Brian et Nicole Lemaitre ; 131e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006

Paris, Éd. du CTHS
2010
p. 7-10
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À la charnière entre le Moyen Âge et la Renaissance, alors que de profondes évolutions des mentalités font jour, Marguerite d’Autriche (1480-1530) entreprend l’édification du couvent Saint-Nicolas-de-Tolentino de Brou, afin de commémorer la mort de sa belle-mère, Marguerite de Bourbon, celle de son époux Philibert II de Savoie, et afin d’abriter sa sépulture. Les verrières de Brou, par leur dimension religieuse, permettent d’aborder les questions de la foi et des dévotions de Marguerite d’Autriche, mais sont tout autant les supports d’une glorification des familles de Marguerite et de son époux. Des verrières héraldiques soigneusement sélectionnées complètent la vision aimante et vertueuse du couple déjà affirmée sur les verrières historiées. Les vitraux sont aussi le lieu d’une véritable apologie de Marguerite. Elle les utilise pour affirmer sa légitimité à gouverner, exprimer sa position sociale et sa réussite personnelle. Véritable éloge, les verrières exaltent l’identité de leur commanditaire, proclamant sa dignité et sa puissance. Avec Marguerite d’Autriche, une femme accède à une certaine indépendance politique.