Face aux hommes et à Dieu. Les sensibilités féminines à travers la pratique testamentaire
2010
Valérie Lafage

Extrait de : "Les Femmes, supports de la tradition ou actrices de l'innovation ? (édition électronique) "
sous la direction de Nicole Lemaitre, introduction par Isabelle Brian et Nicole Lemaitre ; 131e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006

Paris, Éd. du CTHS
2010
p. 45-56
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Dans la seconde moitié du XVIe siècle, la cité de Montpellier est plongée de plein fouet dans les troubles de Religion, d’autant plus virulents que la ville est partagée quasi équitablement entre populations catholique et protestante. Parce que les testaments nuncupatifs représentent, pour les historiens, une source majeure par leur représentativité sociale et parce que la charte de franchise de Montpellier autorise les femmes à tester au même titre que les hommes, les testaments féminins contractés dans la seconde moitié du XVIe et la première moitié du XVIIe siècle révèlent des attentes eschatologiques, des constructions et des représentations sociales qui tantôt sont calquées sur les modèles masculins et tantôt s’en différencient jusqu’à parfois être en totale opposition avec eux. La démarche testamentaire, comme celle de la conversion à la Réforme, reste conditionnée par le sexe des individus. En outre, les invocations à Dieu et les legs pies contenus dans les actes révèlent toute la complexité de sensibilités spécifiquement féminines dans une société pourtant patriarcale.