Les femmes de l'Imprimerie nationale. L'État et ses ouvrières à la fin du XIXe et au début du XXe siècle
2010
Gwladys Longeard

Extrait de : "Les Femmes, supports de la tradition ou actrices de l'innovation ? (édition électronique) "
sous la direction de Nicole Lemaitre, introduction par Isabelle Brian et Nicole Lemaitre ; 131e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006

Paris, Éd. du CTHS
2010
p. 95-106
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La place occupée par les ouvrières à la fin du XIXe siècle dans l’un des plus anciens établissements publics industriels en France, l’Imprimerie nationale, illustre la volonté de l’État employeur de veiller au maintien des traditions tout en encourageant les innovations. Cantonnées aux activités les plus dévalorisées, dans un milieu masculin qui se targue de constituer l’élite de la classe ouvrière, les femmes représentent plus du tiers des effectifs ouvriers de la Nationale. Leur sort est souvent plus enviable que celui de leurs sœurs du secteur privé : elles bénéficient des avantages sociaux consentis par l’État et contribuent à faire progresser la législation sociale, la professionnalisation, la représentativité féminine. Cependant la double autorité des hommes et de la hiérarchie reste forte : conjuguée à la résignation et à l’individualisme, elle met un frein puissant aux volontés de changement. La sociabilité et la culture d’entreprise conservent aux femmes une place traditionnelle.
Fondée sur une étude des archives de l’entreprise et particulièrement des dossiers de personnel, cette communication vise à mettre en rapport le rôle des femmes et celui de l’État dans le long chemin vers la reconnaissance pleine et entière de la femme dans l’atelier.