Des « femmes de sport » aux « femmes en culotte ». Itinéraire d'une émancipation vestimentaire avant 1914
2010
Sandrine Jamain

Extrait de : "Les Femmes, supports de la tradition ou actrices de l'innovation ? (édition électronique) "
sous la direction de Nicole Lemaitre, introduction par Isabelle Brian et Nicole Lemaitre ; 131e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006

Paris, Éd. du CTHS
2010
p. 161-172
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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En 1885, la société française découvre les « femmes de sport ». Ces femmes rassurent par leur conformité aux normes du genre, notamment en matière de tenue vestimentaire qui rappelle leur condition sociale (la high life) et leur sexe. La majorité des sportives du début du siècle suivent cet exemple, modèle de féminité, et incarnent une vitrine de « l’Ève nouvelle ». D’autres, au contraire, bravent les interdits vestimentaires. En bouleversant les frontières du genre, les femmes en culotte, incarnées alors par les vélocipédistes, remettent en question la hiérarchie entre les sexes et doivent renoncer à leur féminité. Est-ce là la condition de l’excellence sportive ? L’étude de l’iconographie, issue notamment des catalogues des grands magasins, et des différents discours de l’époque relatifs à la mode ou à la pratique sportive des femmes, offre une vision inédite pour cerner les enjeux de la transformation vestimentaire des sportives. Cet article montre que l’innovation vestimentaire, au tournant du XXe siècle, ne se gagne qu’au prix d’une transgression et d’une marginalisation.