La gymnastique volontaire et les représentations des femmes au tournant des années 1970
2010
Yves Morales, Jean Saint-Martin, Yves Travaillot et Pierre-Alban Lebecq

Extrait de : "Les Femmes, supports de la tradition ou actrices de l'innovation ? (édition électronique) "
sous la direction de Nicole Lemaitre, introduction par Isabelle Brian et Nicole Lemaitre ; 131e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Grenoble, 2006

Paris, Éd. du CTHS
2010
p. 197-208
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La féminisation de la gymnastique volontaire constitue une caractéristique spécifique du mouvement gévéiste à partir du milieu des années 1960. Sur le plan des pratiques, elle s’« opérationnalise » dans une séance GV novatrice, malgré la tradition d’une gymnastique suédoise analytique encore très prégnante dans les conceptions qui considèrent toujours les adeptes de la GV comme les « gardiennes du passé ». Le renouvellement difficile de cette éducation physique pour adultes, et l’accueil réservé à la doctrine de 1976 confirment ou illustrent, au cours des années 1970, la permanence du rôle des femmes dans la société malgré le vent de liberté qui souffle autour des idées de 1968 : si la femme ose s’occuper de son corps et de son bien-être, elle le fait dans le respect de son statut social de mère et de femme. S’occuper du corps féminin ne signifie pas libérer le corps des femmes. L’analyse des archives de la Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire (compte rendu des assemblées générales, délibérations du comité directeur de la FFEPGV), de la revue fédérale et les interviews d’anciens responsables de cette fédération permettent de mettre en évidence que la GV des années 1970 n’incarne pas encore le modèle de pratique physique de la nouvelle image des femmes libérées, dynamiques et actives, prêtes à s’attaquer à la domination masculine si présente dans la société française.