Voyages éphémères et mutation d’un espace marchand. Plaisance et plaisanciers à Saint-Tropez (1835-1913)
2010
Gilbert Buti

Extrait de : "L'attrait d'ailleurs, images, usages et espaces du voyage à l'époque contemporaine (édition électronique)"
sous la direction de Laurent Tissot ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Paris, Éd. du CTHS
2010
p. 173-189
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La navigation de plaisance apparaît à Saint-Tropez dès les années 1830. Son développement précoce s’inscrit dans le « désir de rivage » étudié par Alain Corbin et constitue aussi un élément de réponse à la crise des activités portuaires que traverse alors la place. En effet, port d’armement très actif aux XVIIe et XVIIIe siècles, entretenant des relations suivies avec les échelles du Levant, Saint-Tropez doit, au début du XIXe siècle, se replier sur les échanges de proximité, renforcer la petite pêche côtière et accueillir une étonnante flotte de plaisance. Le goût pour les voyages éphémères, réalisés ou rêvés, est partagé par des marins de métier, mais aussi par des artistes (Signac, Maupassant), des entrepreneurs (Cyprien Fabre) et une foule d’anonymes « navigateurs du dimanche » aux motivations les plus diverses. Au-delà de sa précocité, cette pratique touristique nouvelle participe lentement au « détournement de l’utilisation de l’espace » marchand. Elle constitue, dans une certaine mesure, le soubassement de la future station balnéaire, maillon de la Côte d’Azur en gestation.