Des clous, des horloges et des lunettes
Les campagnards moréziens en industrie (1780-1914) - 2004
Jean-Marc Olivier; Claude-Isabelle Brelot, préf.
ISBN : 978-2-7355-0480-0
608 p., 15 x 22 cm, ill.
Collection : CTHS Histoire
N° dans la collection : 6
Code Sodis : F30428.9
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Entre 1780 et 1914, les paysans pluri-actifs réussissent une industrialisation douce fondée sur l’énergie hydraulique et le travail à domicile. Privilégiant la préservation d’un lien fort avec la terre de leurs ancêtres, ils développent avec succès trois grands cycles de production : la clouterie, l’horlogerie puis la lunetterie. Ces montagnards ruraux s’appuient sur une grande maîtrise des techniques, héritée de l’isolement hivernal, et sur une ouverture séculaire aux marchés lointains, s’expliquant par un déficit chronique en céréales. Dès le début du XIXe siècle, l’idéal d’une société de petits propriétaires, où chacun peut réussir une ascension rapide, conforte ce microcosme et galvanise un dynamisme entrepreneurial continuellement renouvelé jusqu’à l’aube du XXIe siècle.
Table des matières :
Remerciements - p. 4 Abréviations et sigles utilisés - p. 6 Préface - p. 9 Introduction - p. 15 1. L'infinie réécriture d'une typologie - p. 16 2. Prosopographie des acteurs d'une industrialisation douce - p. 20 3. Sur les traces d'une... (lire la suite...)
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Comptes rendus parus dans la presse :
Parutions.com
13/05/2004 - Nathalie Petiteau pour Parutions.com
Un bel exemple d'histoire économique et sociale
Extraits :

(...) d'emblée, sa lecture en est des plus passionnantes et des plus plaisantes.
Jean-Marc Olivier propose une étude des voies d'instrialisation du canton de Morez, au coeur du Haut Jura, espace qui participe aux révolutions industrielles sans pour autant connaître le système usinier. Là réside l'un des grands intérêts de ce travail, qui suit les processus d'industrialisation sur un long XIXe siècle, des années 1780 à 1914.
(...) Saluons donc cette publication d'un magnifique travail, qui redonne sens à l'expression "histoire économique et sociale", car Jean-marc Olivier, en analysant avec minutie les mécanismes de cette industrialisation douce, montre comment la logique sociale l'a emporté sur la logique économique. Il éclaire donc un pan essentiel de l'histoire sociale, s'intéressant aux processus de transition, offrant de plus matière à réflexion pour nos sociétés actuelles en quête d'équilibres qui ne soient pas fondés sur la logique du profit mais sur celle de la cohésion sociale...

Le mouvement social
04/10/2004 - Pierre Judet pour "Le mouvement social", août 2004
Comptes rendus d'ouvrages
Extraits :

(...) Le travail de Jean-Marc Olivier décrit un "modèle" morézien qui semble bien détenir la formule du "développement durable". C'est pourtant la première étude d'importance sur ce cas. Selon l'auteur, cette lacune s'explique par l'absence de grandes usines, l'absence de grandes grèves et l'absence de grandes marques. Ce n'est que très récemment que la DATAR a donné ses lettres de noblesse à cette région industrielle en la qualifiant de "district industriel". Le travail de Jean-Marc Olivier en fait la genèse. Ce livre qui résulte d'une thèse soutenue en décembre 1998, est très agréable à lire, abondamment illustré et documenté et c'est un bel outil de travail grâce notamment à son double index et à sa bibliographie foisonnante.
(...)

Histoire et sociétés rurales
04/04/2005 - Jérôme Luther Viret pour Histoire et sociétés rurales, n°22, 2e semestre 2004
Comptes rendus
Extraits p.206-209 :

À la croisée de l'histoire économique, de l'histoire sociale et de l'histoire rurale, Jean-Marc Olivier nous livre une nouvelle "voie régionale de développement". Il s'agit de l'industrialisation "douce" de la région de Morez.
(...)

Ruralia
04/04/2005 - Pierre Judet pour Ruralia, n°14-2004, p.241-245
Comptes rendus de lecture
Extraits :

Il n'est pas courant de lire qu'une ville-centre doit son existence aux campagnes qui l'entourent et que ce qui permet le maitien d'une activité industrielle dans la longue durée c'est l'attachement à la terre de ceux qui la pratiquent. Telle est pourtant la thèse défendue avec brio par Jean-Marc Olivier dans son livre... L'auteur présente un monde rural acteur de sa propre industrialisation dans lequel les logiques sociales l'emportent sur les logiques économiques. C'est ce qu'il appelle "l'industrialisation douce".
(...)

Genèses
25/05/2005 - Rémy Cazals pour la revue "Genèses", n°57, décembre 2004
Bibliothèque
Extraits, p.141 :

Avant même d'évoquer le contenu, le travail de l'auteur, il faut remercier l'éditeur d'avoir respecté l'appareil scientifique de l'ouvrage, notes très nombreuses, état détaillé des sources, large bibliographie, index, tableaux qui donnent le résultat d'une recherche prosopographique minutieuse. Une centaine de photos complètent cet ensemble et, en même temps, agrémentent la lecture qui reste toujours intéressante pour le non spécialiste. le lecteur et le chercheur sont ainsi satisfaits.
(...)

Historiens et géographes
05/12/2005 - Robert Marconis
Revue Historiens & Géographes, octobre 2005, p.461-462
Extraits :

Une publication abrégée, mais fort bien illustrée et de belle qualité (...). Il faut donc féliciter le CTHS d'avoir publié la thèse, mettant celle-ci à la portée d'un large public, et en particulier des candidats aux concours du CAPES et des Agrégations d'histoire et de géographie qui sont invités à traiter une question d'histoire contemporaine sur "Les campagnes dans les évolutions sociales et politiques en Europe des années 1830 à la fin des années 1920". J.-M. Olivier leur offre une belle étude de cas et l'opportunité de remettre en question bien des idées reçues et certains modèles explicatifs trop sommaires.
(...)

Annales du Midi
20/02/2007 - Jean-Michel MINOVEZ
compte-rendu
Extrait :

(...) L'étude de J.-M. Olivier confirme qu'il existe bien des formes de dynamisme industriel qui n'obéissent pas aux définitions canoniques de la "révolution industrielle". Elle permet aussi de mettre en lumière un modèle qui diffère de celui élaboré par Franklin Mendels, en ce sens où l'"industrialisation douce" n'apparaît pas comme une phase transitoire devant déboucher sur le système usinier; ici le système social génère des systèmes techniques; le mode d'organistaion de la production, socialement construit, est fondé sur le développement des industries rurales autonomes.