Voyage « d’espionnage » pédagogique en Allemagne en 1885
2010
Michel Mieussens

Extrait de : "Le voyage, un principe de formation (édition électronique)"
Sous la direction de Hélène Say ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005
Thierry Sauzeau, Jean Hiernard et Pascal Rambeaud, Pierre Sèrié, Philippe Marchand, Michel Mieussens, Pierre Moulinier, Jean Saint-Martin, Denis Jallat, Reine-Claude Grondin

Éditions du CTHS
2010
p. 61-72
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Dans les années 1850, se développent des écoles d’enseignement technique. L’investissement éducatif devient une des priorités mises en valeur dans les premières expositions universelles Dès lors, on comprend en Europe comme en Amérique qu’il ne suffit pas d’améliorer l’outillage, « il faut encore, il faut surtout améliorer les hommes qui sont destinés à s ‘en servir ». Les cours du soir et du dimanche deviennent progressivement insuffisants
Dans le livre sur « La draperie normande du xiiie au xxe siècle » , les voyages « d’espionnage » sont cités au xiiie et au xixe siècle. C’était habituel de s’informer sur les procédés étrangers ayant un succès commercial et industriel. Mais dans la deuxième partie du xixe siècle, « l’espionnage pédagogique » fait son apparition.
Ainsi, il faut attendre 1885 pour que la décision soit prise de créer à Elbeuf la première école professionnelle spéciale à l’industrie drapière, du département. Nommée par le préfet de Seine-Inférieure, une commission d’étude est présidée par le député d’Elbeuf Lucien Dautresme et composée de différents représentants économiques d’Elbeuf. La visite des principales écoles techniques en France et en Allemagne est retenue par la commission.
Pourquoi cette fascination pour l’ Allemagne, alors que les souvenirs de la guerre sont encore brûlants, plutôt que pour des pays tels que la Belgique ou l’Angleterre ? Quelles nouveautés pédagogiques ont été mises en valeur et retenues par les membres de la commission ?
On s’efforcera de déterminer les influences exercées par : les manufacturiers alsaciens réfugiés à Elbeuf, Lucien Dautresme ancien élève de l’École polytechnique et Jules Siegfried, maire du Havre