Les historiens de l’art français et le vandalisme allemand : la cathédrale de Reims au cœur de la propagande de guerre
2010
Isabelle Flour

Extrait de : "Images militantes, images de propagande (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007
Éd. du CTHS
2010
p. 125-143
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Lieu de mémoire nationale par excellence, la cathédrale de Reims est devenue un enjeu majeur de propagande pendant la Première Guerre mondiale, au travers de la diffusion de l’image des dégradations qu’elle a subies dès 1914. Les historiens de l’art et conservateurs de musée participèrent au prosélytisme guerrier par le biais de publications spécialisées et d’expositions, comme au Petit-Palais ou au musée de Sculpture comparée du Trocadéro, se multipliant pour dénoncer la « barbarie allemande ». D’abord symbole national, le martyre de la cathédrale de Reims devient bientôt une marque universelle de la haine de la culture incarnée par les Allemands. Par extension, ce constat de haine généralisée de l’art débouche sur la démonstration de l’absence séculaire de créativité dans l’art allemand, opérée par les historiens de l’art français les plus autorisés (Émile Mâle par exemple).