Peindre l’idée de la guerre : La Guerre de Marcel Gromaire, 1925
2010
Claire Maingon

Extrait de : "Images militantes, images de propagande (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007
Éd. du CTHS
2010
p. 145-153
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

Marcel Gromaire fait partie de la génération 1890, celle qui fut versée dans ce que le peintre appela « l’ordure de la guerre ». Cet artiste, formé librement dans les académies de Paris au contact de la mouvance cubiste, n’a produit qu’une toile en correspondance directe avec le traumatisme historique cruel de son époque. Cette œuvre puissante, intitulée La Guerre, fut le clou du Salon des artistes indépendants de 1925. Très remarquée, elle fut l’objet d’admiration des critiques d’art en vertu de son esprit de synthèse et de son symbolisme. L’œuvre, aujourd’hui conservée au musée d’Art moderne de la ville de Paris, engage une réflexion profonde sur la nature du réalisme dans ce moment troublé par le poids du deuil sur la société française, du souvenir et de la commémoration. Nous envisageons de comprendre cette image, la représentation qu’elle donne à voir de la guerre et de l’idée de guerre, en relation avec les écrits de Marcel Gromaire et le reste de sa production des années 1920, mais aussi ses contemporains, Fernand Léger et Otto Dix.