Conventions artistiques et conventions sociales dans les images de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle (carte postale, photographie, caricature)
2010
Solange Vernois

Extrait de : "Images militantes, images de propagande (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007
Éd. du CTHS
2010
p. 277-288
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le thème de l’amour et de la séduction est omniprésent dans les publications humoristiques de la Belle Époque, caricatures de périodiques tels que Le Rire ou Le Journal amusant, cartes postales ou recueils de photographies fantaisistes, comme Le Panorama-Paris s’amuse.
Cet article aura trois objectifs. Dans un premier temps, il s’agira de déterminer dans quelle mesure les images ont véhiculé des non-dits concernant les rapports amoureux et la sexualité. Grâce à un langage connoté et des sous-entendus, l’imagerie est ainsi l’exutoire des frustrations et des fantasmes de la société dans son ensemble. Il conviendra dans un deuxième temps d’évaluer la distanciation humoristique dans l’expression même du kitch et d’un sentimentalisme de pacotille, sensible à travers les attitudes convenues des personnages, une symbolique simpliste (fleurs, cœurs) et des emprunts volontaires au style décoratif et au théâtre de boulevard. Enfin, on pourra envisager les parentés et les mélanges de genre entre les arts graphiques et la photographie, ainsi que l’influence qu’ont pu avoir sur l’imaginaire collectif des artistes tels que Gerbault, Ferdinand Bac, Métivet, Guillaume ou Willette.
En définitive, nous essaierons d’identifier dans quelle mesure les images et l’imagerie de la Belle Époque ont collaboré à la construction de stéréotypes touchant la femme en particulier.