Peinture, identité et politique : l’imaginaire provençal de Louis Denis-Valvérane
2010
Martin Motte

Extrait de : "Images militantes, images de propagande (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles 2007
Éd. du CTHS
2010
p. 323-335
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le peintre et illustrateur Louis Denis-Valvérane (1870-1943), disciple de Frédéric Mistral, adhéra dès sa jeunesse au Félibrige. Il milita au sein du mouvement fédéraliste provençal des années 1890, où il se lia avec Maurras. Son œuvre abonde en thèmes provençaux, illustrant son souci explicite de promouvoir une esthétique identitaire. Ses portraits de Mistral tendent à faire du poète un prophète, voire un nouveau Christ, selon une tendance très courante dans la vie culturelle du XIXe siècle. Un grand nombre de ses tableaux, gravures ou dessins ont une portée politique : ses représentations de tauromachies sont des allégories du combat contre le centralisme jacobin et ses vues du Paris latin (le Luxembourg, le Louvre) sont une manière de souligner les origines méditerranéennes du classicisme français. Tous ces choix expliquent que Denis-Valvérane se soit montré réceptif aux efforts de Maurras pour articuler identité provinciale et identité nationale, puis au discours régionaliste du vichysme.