Valmy, après la bataille : temps militaire, temps politique
2010
Louis Bergès

Extrait de : "Temps révolutionnaire et temps des révolutions (édition électronique)"
Sous la direction de Serge Bianchi.
129e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Paris, Éditions du CTHS
2010
p. 27-43
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Depuis le mot célèbre de Goethe, Valmy a longtemps représenté pour les historiens la fin d’un monde et le début d’un autre. Comme frontière temporelle, modèle de rupture ou de fracture, la bataille a été l’objet d’une recomposition savante qui n’est pas un simple phénomène d’écriture de l’histoire.
Cet article se propose de passer au crible de l’analyse et de l’interprétation historique la production historiographique, de Goethe et Michelet aux mémorialistes, auteurs de manuels scolaires et historiens contemporains, en insistant sur les caractères des indicateurs temporels servant à construire une périodisation de la fin du XVIIIe au milieu du XIXe siècle. Deux modèles de classification temporelle sont utilisés : le temps militaire, celui des batailles – dernière manifestation d’un type de combat ou apparition d’un nouveau mode d’opération – et le temps politique – effondrement d’un régime et d’une société, apparition d’un nouvel ordre, journées révolutionnaires, lien entre l’événement militaire, la proclamation de la république et le nouveau calendrier. L’occasion sera aussi donnée de s’interroger sur la lente distanciation entre le geste d’écriture du témoin, du mémorialiste puis de l’historien face à l’événement, et l’actualité, au passé proche puis lointain jusqu’à l’évocation mémorielle contemporaine.