Temps des archives, temps des historiens... Autour du « moment thermidorien ». Une énigme thermidorienne
2010
Philippe Barlet

Extrait de : "Temps révolutionnaire et temps des révolutions (édition électronique)"
Sous la direction de Serge Bianchi.
129e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Paris, Éditions du CTHS
2010
p. 45-56
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Entre la fin de fructidor an II et ventôse an III, un épisode répressif s’observe dans de nombreux départements (Aveyron, Cantal, Creuse, Indre, Isère, Loir-et-Cher, Loiret, Haute-Marne, Nord, Pas-de-Calais, Yonne...), principalement dirigé pour des motifs économiques contre les cultivateurs et les municipalités. Ses caractéristiques, qui le distinguent de la « Terreur montagnarde » de l’an II, en font non une « réaction » mais une « Terreur thermidorienne ». On peut ainsi penser que l’orientation générale de la Terreur a fait l’objet d’un débat au sein des comités avant le 9 Thermidor, Robespierre voulant y mettre fin en la limitant aux seuls « aristocrates », ses adversaires souhaitant la diriger non plus contre ceux-ci mais contre le monde rural. La défaite de Robespierre permet à ses rivaux de mettre en œuvre leurs options.
Cependant, le 9 Thermidor, en devenant un marqueur commun et consensuel tant pour l’historiographie jacobine que pour l’historiographie conservatrice, a occulté cet épisode répressif.