Calendriers et almanachs socialistes et anarchistes (1871-1920). Pour un temps « sans Dieu ni maître » ?
2010
Christiane Demeulenaere-Douyère

Extrait de : "Temps révolutionnaire et temps des révolutions (édition électronique)"
Sous la direction de Serge Bianchi.
129e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Paris, Éditions du CTHS
2010
p. 85-97
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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On constate, dans le dernier tiers du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle, une production assez abondante de calendriers et d’almanachs qui renouent pour certains avec la tradition du calendrier républicain. D’autres, qui se conforment au découpage traditionnel de l’année en mois et semaines, se démarquent du calendrier grégorien d’usage courant en en évacuant systématiquement tout le contenu à caractère religieux (fêtes liturgiques, noms des saints).
Cette production, encore insuffisamment repérée et recensée, est marquée par une idéologie forte. Elle est aussi caractérisée par une double tendance : nostalgie dans les milieux révolutionnaires du calendrier républicain mis en usage sous la Révolution française et influence persistante du positivisme, renforcé par l’anticléricalisme, qui préfère aux noms des saints de l’Église ceux des « hommes utiles », « qui ont contribué à l’embellissement de la vie ».
Ils sont l’expression de l’aspiration des militants socialistes-révolutionnaires à un temps laïque, civique et républicain.