Essai de synthèse sur l’étude du calendrier républicain en l’an II et l’an VI
2010
Serge Bianchi

Extrait de : "Temps révolutionnaire et temps des révolutions (édition électronique)"
Sous la direction de Serge Bianchi.
129e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Paris, Éditions du CTHS
2010
p. 141-163
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La réception du calendrier républicain en milieu rural peut être éclairée par l’examen de sources originales, permettant de partir d’études de terrain et de rompre avec une conceptualisation globale centrée sur la fatalité de l’échec. Il apparaît évident que le temps républicain est l’un des principaux vecteurs de l’acculturation politique en l’an Il. Des documents administratifs – délibérations municipales, actes des juges de paix –, aux documents privés – lettres de soldats, prénoms révolutionnaires –, les traces sont nombreuses d’acceptation ou de résistance du décadi et des logiques du nouveau décompte du temps. Les représentants en mission et les sociétés populaires tentent une propagation politique et festive qui ne parvient pas à détruire des échéances économiques ou religieuses. Sous le Directoire, la bataille du décadi se fait plus âpre, dans un contexte de désaffection politique du monde rural et d’un « réveil » religieux indiscutable. Une synthèse des études en cours tente de montrer la pertinence du calendrier républicain comme révélateur des ruptures et des résistances des populations rurales face à ce processus intense de régénération politique et culturelle.