Invasions biologiques et couverture médiatique : le cas de l’algue Caulerpa taxifolia (à paraître)
2010
Sylvie Friedman

Extrait de : "Plantes et animaux voyageurs (édition électronique)"
sous la direction de Marie-Françoise Diot ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Rémi Coutin, Jean-Loup d’Hondt, Patrick Geistoerfer, Sylvie Friedman, Jean Laporte-Cru et Jean Claude Aniosbehere, Sophie Miquel et Nicolle Maguet, Michel et Véronique Guignard, Bruno de Foucault et Jean-René Wattez, Magali Chacornac-Ruault et Anne-Marie Semah, Carmen Scarlat et Célie Signorini, Brigitte Naviner

Paris, Éditions du CTHS
2010
p. 28-37
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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L’analyse de la presse qui a couvert l’invasion de l’algue Caulerpa taxifolia sur la côte méditerranéenne française montre qu’un phénomène naturel doit trouver sa place à l’intérieur d’une classification qui semble relever du fantasme ou de l’imaginaire mais qui répond à des impératifs d’ordre social, moral, sexuel. Dans le cas de Caulerpa taxifolia, les représentations se télescopent. À la fois belle et laide, plante et animal, proie et prédatrice, l’alternance des représentations montre qu’à l’espèce invasive ne peut être assignée une place fixe et que tel est son danger. Non seulement d’invasion d’un territoire, mais aussi de contamination des catégories de la pensée. Cependant, dire le désordre, c’est aussi remettre en ordre. Pour ce faire, le récit journalistique utilise certaines structures du fait divers. Le discours est là pour élire les catégories qui lui serviront, une fois décrit le danger, à le contenir et à l’éradiquer, du moins sur le plan symbolique.