Les contradictions des jardins sauvages, ou l’oubli du premier voyage (à paraître)
2010
Brigitte Naviner

Extrait de : "Plantes et animaux voyageurs (édition électronique)"
sous la direction de Marie-Françoise Diot ; 130e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, La Rochelle, 2005

Rémi Coutin, Jean-Loup d’Hondt, Patrick Geistoerfer, Sylvie Friedman, Jean Laporte-Cru et Jean Claude Aniosbehere, Sophie Miquel et Nicolle Maguet, Michel et Véronique Guignard, Bruno de Foucault et Jean-René Wattez, Magali Chacornac-Ruault et Anne-Marie Semah, Carmen Scarlat et Célie Signorini, Brigitte Naviner

Paris, Éditions du CTHS
2010
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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On appelle « mauvaises herbes » toutes les plantes qui croissent là où on ne les a pas invitées et qui entrent en concurrence avec les cultures. Excellentes voyageuses, conquérantes et colonisatrices, c’est la plupart du temps en passager clandestin qu’elles ont accompagné les déplacements humains, suivant les mêmes routes que les plantes cultivées auxquelles les opposent pourtant les partisans des jardins « sauvages » ou « naturels ». Conçus comme des territoires au service de la protection de la nature, ces jardins privilégient « l’indigène » et rejettent « l’exotisme », accueillant les mauvaises herbes en raison de leur caractère indigène et sauvage, et parce qu’elles offrent à la faune locale abris et nourriture. La lecture des ouvrages et brochures consacrés à ces jardins révèle, dans les positions les plus extrémistes, une vision du monde végétal dualiste, opposant les bonnes plantes au mauvaises, l’indigène à l’exotique, et mettant le jardinier au service d’un monde naturel dont l’homme est exclu pour avoir trop longtemps œuvré à sa mise en péril.