« Écrire pour sa maison » : projet banal et autoportrait atypique d'un gentillhomme poitevin du XVIIe siècle
2011
Jean-Paul Desaive

Extrait de : "Entre mémoire et histoire : écriture ordinaire et émergence de l'individu (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre et Sylvie Mouysset
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 99-110
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Un gentilhomme poitevin écrit sur la fin de sa vie des Mémoires (allant de 1614 à 1677) qui appartiennent à la fois au genre classique des mémoires et à celui des livres de raison. À travers ce texte prolixe, entremêlant au récit de sa propre carrière celui, puisé à diverses sources, des événements survenus de son temps, on voudrait faire découvrir un personnage vraiment original. D’abord parce qu’il revendique sa propre « obscurité » et raconte avec candeur et une sorte de détachement non dénué d’humour l’enchaînement de causes fortuites et de démarches volontaires qui l’ont conduit de l’étude des lettres à une carrière militaire sans
éclat, puis à la vie de gentilhomme campagnard, marié deux fois et père de famille, enfin à la retraite studieuse, où il revient sur son passé et se raconte. L’autre aspect intéressant et attachant du récit de M. de Chisay vient de la place qu’il donne aux femmes, soit qu’il les aime, comme sa première épouse, ou les estime, comme la seconde ; soit qu’il rende hommage à celles qui, en maintes occasions, jouèrent de leur influence en sa faveur.