Autobiographie et conversion, de ‘Obadia le prosélyte normand à frère Anselm Turmeda (XIe-XIVe siècle)
2011
Henri Bresc

Extrait de : "Entre mémoire et histoire : écriture ordinaire et émergence de l'individu (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre et Sylvie Mouysset
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 163-177
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le récit de conversion est une des bases permanentes du genre autobiographique et une des premières étapes de sa constitution ; depuis Augustin et souvent sur son modèle, les convertis, authentiques ou à demi fictifs, ont formé une cohorte de beaux exemples d’un triomphe personnel sur l’hérésie intérieure et de l’adhésion à la vraie foi. À deux reprises au moins, dans le cas du clerc normand de Pouille Jean, devenu ‘Obadiah dans le judaïsme, vers 1090, et dans celui de frère Anselme Turmeda, franciscain majorquin passé à l’islam et qui écrit depuis Tunis, en catalan et en arabe, dans les années 1380, nous avons le témoignage d’une conversion à partir du christianisme dans le récit qui l’éclaire et la justifie. Si le Rouleau de ‘Obadia se place sous le seul regard de Dieu pacifié, la Tuhfa de frère Anselme, en dépit des retouches, trahit la conscience déchirée du franciscain.