L’« ego histoire » à l’usage de ses enfants : Antoine-Jean Solier (1760-1836)
2011
Danielle Rives

Extrait de : "Entre mémoire et histoire : écriture ordinaire et émergence de l'individu (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre et Sylvie Mouysset
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 207-219
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Antoine-Jean Solier (1760-1836) entreprend la rédaction, dès la naissance de ses premiers enfants, d’un recueil qu’il intitule « Testament olographe ». Il apparaît comme un de ces pères issus de l’esprit des Lumières, attentif et aimant, soucieux de favoriser l’épanouissement de ses enfants tout en leur léguant, en guise de viatique, un guide de bonne conduite leur assurant l’estime des hommes et le salut de l’âme. Ce recueil pourrait paraître assez banal, participant
d’un genre largement diffusé durant l’époque moderne, si l’auteur n’allait bien au-delà d’un ensemble de conseils de bonne vie. Le désir de parler de soi l’emporte largement au fil du récit. À travers sa propre expérience, le scripteur se met en scène et construit une sorte de modèle familial complet, dont il orchestre la partition, de sa propre enfance à sa paternité épanouie. Ainsi entraîne-t-il ses lecteurs dans une réflexion, tantôt grave, tantôt légère, au gré d’une plume généreuse où le bon sens le dispute à l’humour.