La mémoire des héros ordinaires : le fantassin Bès (1914-1918)
2011
Suzanne Gély

Extrait de : "Entre mémoire et histoire : écriture ordinaire et émergence de l'individu (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre et Sylvie Mouysset
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 251-258
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le Journal de route de Victorin Bès (1914-1918), suivi en 1919 d’une « Lettre à mes amis morts » empreinte d’une intense solennité, permet de suivre, dans la diversité des tons adoptés, des émotions subies, dans l’étonnement devant l’absurde, sa participation, après un acquiescement
difficile, à une guerre dont il condamnera l’extension. S’y alignent, dans une continuité rarement interrompue, les notes, croquis et réflexions d’un adolescent né au faubourg ouvrier dit « de Venise », à Castres, habité par la famille Petit-Bès depuis la fin du XIXe siècle. Celui qui, si modestement, reconnaît les lacunes (relatives) de sa culture de « pauvre petit primaire » exprime d’une plume alerte et précise, régulière sauf dans l’intensité des chocs et des émotions (contrôlés autant qu’il se peut), les découvertes, les déchirements, les aspirations, les révoltes, les consentements d’un fantassin, dans les années les plus longues d’une vie qui devait s’interrompre brutalement, à Montpellier, le 7 décembre 1961.