Une princesse et son livret de comptes : Marie-Fortunée d’Este, princesse de Conti (1731-1803)
2011
Aurélie Chatenet-Calyste

Extrait de : "Entre mémoire et histoire : écriture ordinaire et émergence de l'individu (édition électronique)"
Sous la direction de Nicole Lemaitre et Sylvie Mouysset
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 295-305
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Marie-Fortunée d’Este (1731-1803), dernière princesse de Conti, est un personnage oublié. Toutefois, l’étude de son livret de comptes permet d’obtenir des informations sur son existence. Composé des mémoires de fournisseurs et des relevés mensuels de ses dépenses personnelles, ce livret de plusieurs milliers de pages, tenu de 1776 à 1789, met en évidence la vie de cette princesse par le biais de sa consommation. L’examen de ce document comptable révèle ainsi la vie matérielle de la princesse et, au-delà ses goûts, ses postures intellectuelles et religieuses. Il s’agit donc de voir comment l’étude de sa consommation est l’occasion de mettre en évidence son parcours de vie entre normes sociales et spécificités individuelles. Après une analyse matérielle du livret, il convient de saisir comment ses dépenses dans des domaines variés, comme le luxe, la santé, la religion, traduisent à la fois son rang de princesse
du sang, son insertion dans des réseaux sociaux et économiques, son statut d’épouse séparée, mais aussi ses goûts et choix personnels.