Hommages posthumes et commémoration des défunts dans la Rome ancienne : le monument funéraire comme signe de l’intégration des affranchis
2011
Mireille Corbier

Extrait de : "Honorer et commémorer les morts (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Catherine Cousin, Philippe Mauget, Mireille Corbier, Hélène Jacquest, Noémi Colin, Jean-Loup Lemaitre, Jean-Pierre Brelaud, Père Nicolas Risso, Régis Bertrand, Bernard Cherubini, Marie-Noële Denis, Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani, Méryl Sill, Nicolas Fasseur, Emmanuel Chevet

Éditions du CTHS
2011
p. 56-73
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La tombe romaine est un « monument », qui vise à construire une mémoire du défunt. Sa taille et sa forme expriment le statut juridique ou la richesse du défunt, et la gravure du nom du défunt participe de ces marques. Comme Trimalcion qui décrit sa tombe et lit son épitaphe dans le banquet du Satiricon, les riches affranchis font élever des tombes imposantes qui manifestent leur fortune et leur nouvelle liberté. La mise en place sur un certain nombre de monuments funéraires de reliefs qui représentent la famille de l’affranchi a un but particulier. Elle affiche la parenté, la filiation légitime, la naissance libre des enfants, qui accèdent à la pleine citoyenneté : c’est le signe de la liberté, de la rupture avec le statut universel de l’esclave, qui naissait sans père, mourait sans enfants légitimes et était exclu de la filiation, même s’il pouvait accéder parfois à une vie quasi familiale. L’analyse conjointe des images et des textes d’un corpus de tombes remarquables permet de mettre en lumière les marqueurs de statut qui manifestent un passage de frontière essentiel dans le monde romain.