La mémoire égalitaire des nécrologes
2011
Jean-Loup Lemaitre

Extrait de : "Honorer et commémorer les morts (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Catherine Cousin, Philippe Mauget, Mireille Corbier, Hélène Jacquest, Noémi Colin, Jean-Loup Lemaitre, Jean-Pierre Brelaud, Père Nicolas Risso, Régis Bertrand, Bernard Cherubini, Marie-Noële Denis, Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani, Méryl Sill, Nicolas Fasseur, Emmanuel Chevet

Éditions du CTHS
2011
p. 107-118
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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La tradition de la commémoration des morts se constitue à l’époque carolingienne, associée d’abord avec la mémoire des saints, et elle prend sa forme presque définitive avec le martyrologe d’Usuard en 865-868. La source en est donc les libri memoriales, listes de défunts qui bénéficiaient des prières et entraient ainsi dans la communion des saints. On les appelle maintenant nécrologes, mais le mot n’apparaît qu’au xviiie siècle. Ils contiennent les noms de tous les frères d’une maison religieuse, ceux des maisons associées et des familiers et on les distingue des obituaires, listes sélectives des seuls défunts qui ont fondé des anniversaires. Les nécrologes assurent donc une mémoire égalitaire des défunts, sans établir de hiérarchie. Ce sont les érudits, quand ils les copieront au xviie et au xviiie siècle, qui sélectionneront les noms glorieux et feront de leur publication un « miroir des illustres ».