Les monuments aux morts de Corse
2011
Jean-Paul Pellegrinetti, Georges Ravis-Giordani

Extrait de : "Honorer et commémorer les morts (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Catherine Cousin, Philippe Mauget, Mireille Corbier, Hélène Jacquest, Noémi Colin, Jean-Loup Lemaitre, Jean-Pierre Brelaud, Père Nicolas Risso, Régis Bertrand, Bernard Cherubini, Marie-Noële Denis, Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani, Méryl Sill, Nicolas Fasseur, Emmanuel Chevet

Éditions du CTHS
2011
p. 185-209
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Des monuments aux morts ont été construits ou aménagés, universellement, dans les pays qui ont participé à la Grande guerre. Pour la première fois, l’initiative n’est pas venue d’en haut, de l’État, mais d’en bas, de comités locaux et de municipalités. Pour la première fois aussi, ces mémoriaux étaient appelés à exalter le souvenir, non plus des élites, mais des obscurs, d’un peuple qui entrait ainsi dans l’histoire monumentale, celui de communes humbles aussi dont c’était souvent le premier et l’unique monument. Dans une histoire marquée par les ouvrages pionniers d’Antoine Prost et d’Annette Becker, la Corse, faiblement déchristianisée, se distingue par le choix de leur emplacement, l’église d’abord, avant même l’espace civique de la mairie. Le monument aux morts est cependant le lieu où se constitue la solidarité civique au-dessus des conflits familiaux résorbés ou étouffés et où s’affirme l’unité de communes dispersées en hameaux. Pour ses mémoriaux, la Corse choisit, sans grande attention à son originalité culturelle, des formules civiques et patriotiques, unissant les mystiques de la religion et de la République, faisant le choix de lourds sacrifices financiers pour élever des statues dont la beauté formelle, la sobriété classique, l’expressionnisme vigoureux répondent à la profondeur du deuil assumé.