L’espace du Poilu. La localisation des monuments aux morts de la Grande Guerre dans l’arrondissement de Grasse (Alpes-Maritimes)
2011
Méryl Sill

Extrait de : "Honorer et commémorer les morts (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Catherine Cousin, Philippe Mauget, Mireille Corbier, Hélène Jacquest, Noémi Colin, Jean-Loup Lemaitre, Jean-Pierre Brelaud, Père Nicolas Risso, Régis Bertrand, Bernard Cherubini, Marie-Noële Denis, Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani, Méryl Sill, Nicolas Fasseur, Emmanuel Chevet

Éditions du CTHS
2011
p. 210-228
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Promus au rang de « hauts lieux de la mémoire républicaine » , les monuments aux morts sont progressivement devenus les éléments constitutifs du décor communal français, aux côtés de l’église paroissiale, de la mairie et de l’école. Importants vecteurs pédagogiques, didactiques et idéologiques, ils tirent leur signification de leur localisation dans « un espace qui n’est pas neutre ».
Les monuments de l’arrondissement de Grasse, dont les attaches politiques demeurent encore, au lendemain de la Première Guerre mondiale, fortement marquées par l’enracinement précoce à la République, ne sont jamais bâtis au hasard, mais toujours au cœur de l’espace public communal, rural ou urbain. À défaut de centralité absolue, ils apparaissent dans des lieux où la fréquentation est quotidienne, voire intense. En conséquence, ils transforment ces derniers par leur simple présence, « en tant qu’occupation du territoire, mais également par la symbolique qu’ils dégagent ». Les registres de délibérations des conseils municipaux, rendent compte de cette politique du lieu, voulue par des élus convaincus que cette guerre avait été une guerre du droit et de la civilisation contre la barbarie et que les soldats étaient tombés pour la défense du territoire national et pour le triomphe de la paix, ainsi qu’en témoignent les inscriptions dédicatoires, ciselées ou apposées à même les monuments.
Comme le souligne le maire de la commune du Rouret, l’emplacement du monument doit participer à la pédagogie de la mémoire en retraçant « en petit, aux générations d’écoliers, l’histoire de la Grande Guerre, développant chez eux de vrais sentiments de patriotisme ».