Requiem pour les gendarmes
2011
Emmanuel Chevet

Extrait de : "Honorer et commémorer les morts (édition électronique)"
Sous la direction de Henri Bresc ; 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009

Catherine Cousin, Philippe Mauget, Mireille Corbier, Hélène Jacquest, Noémi Colin, Jean-Loup Lemaitre, Jean-Pierre Brelaud, Père Nicolas Risso, Régis Bertrand, Bernard Cherubini, Marie-Noële Denis, Jean-Paul Pellegrinetti et Georges Ravis-Giordani, Méryl Sill, Nicolas Fasseur, Emmanuel Chevet

Éditions du CTHS
2011
p. 247-257
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Le corps de la gendarmerie française, très structuré, à la forte identité collective, a connu un moment de crise majeure à la sortie de l’Occupation. L’obéissance au régime de Vichy a noirci son image, imposant un effort de relégitimation après 1945. Les choix des individus qui se sont alors séparés du Corps pour rejoindre précocement la Résistance ont permis d’exalter les martyrs et de capitaliser une mémoire de guerre purifiée, en rendant à la Gendarmerie un label de résistance que dénoncent bien des rappels, à travers le cinéma en particulier. La désobéissance de l’individu sauve finalement le groupe. Dans cette attention à construire une mémoire savante, hagiographique, auto-justificatrice, il a fallu sélectionner la mémoire, exalter les héros, oublier les moutons noirs, resserrer les rangs autour des premiers et simplifier les intrigues, comme le montre l’exemple de la compagnie départementale de Côte-d’Or.