Le célèbre tirant l’obscur : usage des Vies d’évêques dans leur cité de l’Antiquité à l’époque moderne. L’exemple d’Auxerre
2011
Michel Sot

Extrait de : "Usages savants et partisans des biographies, de l'Antiquité au XXIe siècle (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 31-39
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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De l’Antiquité à l’époque moderne, on a écrit des Vies d’évêques, remarqués pour leur sainteté et les multiples profits, spirituels, matériels et politiques, qu’ils ont pu apporter à leur cité. À Rome, en premier lieu, puis dans d’autres cités, on disposait, d’une part, de listes des évêques depuis les origines de l’Église et, d’autre part, de biographies des plus célèbres d’entre eux. Combinées entre elles, du VIIIe au XIIe siècle en particulier, dans des gesta episcoporum, genre historiographique que j’ai considéré comme caractéristique de l’époque des empereurs carolingiens, elles ont pu être continuées ensuite, jusqu’au XVIIIe siècle, dans le cas d’Auxerre qui nous retient ici. Trois notices d’évêques illustres tirant leurs frères de l’obscurité sont retenues : celle d’un évêque du ve siècle, dont le nom au moins est universellement connu : c’est saint Germain, 7e évêque d’Auxerre ; celle d’un évêque féodal de la seconde moitié du XIIe siècle : Hugues de Noyers, 58e évêque d’Auxerre, de 1184 à 1206 ; celle enfin de Jacques Amyot, plus connu comme grand humaniste, mais qui fut aussi un très bon 97e évêque d’Auxerre dans la seconde moitié du XVIe siècle.