Raniero Nicolai (1893-1958), médaillé d’or aux concours littéraires des Jeux olympiques d’Anvers (1920) et poète oublié
2011
Maïté Riou

Extrait de : "Usages savants et partisans des biographies, de l'Antiquité au XXIe siècle (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 73-81
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Lors des Jeux olympiques d’Anvers, l’Italien Raniero Nicolai obtient, à l’âge de 27 ans, la médaille d’or avec ses Canzoni olimpioniche. L’intitulé exact de ce volume est Éloge de la vie (Elogio della vita). Les six chants olympiques présentent des qualités d’inspiration et d’écriture de première importance. La force d’expression des thèmes, louant l’effort de l’homme, est admirablement servie par le recours aux grands mythes et aux légendes de l’Antiquité. Notre étude a pour objectif d’examiner le passage de la notoriété « olympique » à l’indifférence progressive des milieux littéraires et du grand public, conduisant finalement à l’oubli du poète, afin d’en identifier les facteurs explicatifs. Dès 1923, dans la réédition du volume, l’auteur indique, dans une Confessione jointe au texte, que le poids des honneurs olympiques pèse déjà sur ses épaules. Il va devenir l’otage de ce succès. Il dirigera le bureau de presse du Comité olympique italien avant de passer au bureau de propagande. Sa production se limite désormais au thème du sport, y compris son activité journalistique. Tombée depuis dans l’oubli, son œuvre littéraire – à commencer par Elogio della vita – est ignorée par la plupart des historiens de la littérature italienne.