Napoléon Peyrat et Montségur
2011
Annie Cazenave

Extrait de : "Usages savants et partisans des biographies, de l'Antiquité au XXIe siècle (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 97-110
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

  Télécharger le document (les articles de plus de 3 ans sont gratuits)

La renommée de sa découverte a occulté le découvreur : Napoléon Peyrat a tiré de l’oubli le château de Montségur. Pasteur protestant né près du Mas d’Azil, nourri de récits hugenots, il a vu dans les « Albigeois » ses ancêtres. Trente ans durant, il a déchiffré les interrogatoires de l’Inquisition, surtout ceux des prisonniers après le bûcher de Montségur. Il a su retrouver la personnalité des vaincus et lier les textes au site. Mais, à la fois poète et historien, il a écrit une épopée et un martyrologe. En 1876, son Histoire des Albigeois arrive à contretemps ; elle est vivement critiquée par les historiens positivistes. Au contraire, les poètes méridionaux, les félibres rouges, le vénèrent, et ses disciples fondent l’Escolo de Mount-Segur. De nos jours, reconnu comme précurseur par Philippe Joutard en particulier, selon lequel « il a rallié la mémoire savante à la mémoire régionale et populaire », il appartient à l’histoire des mentalités.