Le mythe de François Ier dans la société française, de l’époque romantique à l’école des annales
2011
Christian Amalvi

Extrait de : "Usages savants et partisans des biographies, de l'Antiquité au XXIe siècle (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 157-168
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Parce que l’historiographie et l’iconographie du règne de François Ier ne sont pas d’une ampleur aussi démesurée que pour Jeanne d’Arc, Napoléon ou Charles de Gaulle, on peut, dans une perspective d’histoire culturelle globale, dresser l’inventaire de tous les supports de son mythe et en rendre compte de manière aussi complète que possible. Sur le plan historiographique, il s’agit d’évaluer la production académique et universitaire, depuis François Mignet jusqu’à Jean Jacquart, entre autres. En politique, les partisans de l’expansion coloniale sous la IIIe République considèrent ce roi comme l’inspirateur lointain de la politique de Jules Ferry, dans la mesure où il a encouragé les voyages de Jacques Cartier au Canada. Dans le domaine littéraire, Balzac a salué en lui, dans la presse, un souverain fastueux, modèle des mécènes pour les artistes, et les poètes romantiques ont opposé la générosité du Roi-Chevalier à la pingrerie de Louis-Philippe, le roi bourgeois. À l’époque contemporaine, la production littéraire est dominée par Le Désastre de Pavie de Jean Giono (1963). Les scientifiques eux-mêmes n’oublient pas qu’il fut le fondateur du Collège de France et, dans leur leçon inaugurale, lui rendent encore hommage. Quant au grand public, il retient des vignettes de ses manuels scolaires et des ouvrages de vulgarisation, qui constitueront pour mon article une sorte de fil rouge, l’image du roi et de sa brillante Cour séjournant dans les merveilleux châteaux de la Loire, Chambord notamment. Du reste, depuis une vingtaine d’années, dans les manuels de l’enseignement secondaire, la rivalité de François Ier et de Charles Quint est définitivement éclipsée par l’éclat et le rayonnement de la Renaissance française, qui contribuent à la gloire de François Ier.