De la roture aux « provinces perdues » : la figure du maréchal Fabert dans l’historiographie
2011
Fadi El Hage

Extrait de : "Usages savants et partisans des biographies, de l'Antiquité au XXIe siècle (édition électronique)"
Sous la direction de Christian Amalvi
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Éditions du CTHS
2011
p. 169-180
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Abraham de Fabert (1599-1662) est l’un des maréchaux les plus célèbres de l’histoire de France, du fait de sa fidélité sans faille à l’État, mais également à cause de ses origines sociales et géographiques.
D’une noblesse trop récente, il refusa en 1661 le collier du Saint-Esprit, ne pouvant produire de preuves suffisantes et ne voulant pas en concevoir de fausses, incarnant ainsi un serviteur de l’État désintéressé.
Souvent présenté à tort comme un « plébéien », Fabert acquit un important prestige, de la prérévolution à la IIIe République, qui l’érigea en modèle « républicain ».
Après 1870, la figure de Fabert prit une couleur particulière, car il était né à Metz et fut gouverneur de Sedan, deux lieux évoquant la défaite contre l’Allemagne. Sa mise en valeur par l’historiographie officielle visait à rappeler le lien entre la France et les « provinces perdues ». Ces aspects « nationaux » du maréchal furent à l’origine d’une bibliographie foisonnante.