Images sur soi, images de soi. Tatouages, tatoués et tatoueurs dans la marine en France (fin XVIIIe siècle-début XXe siècle)
2011
Gilbert Buti

Extrait de : "Avec vue sur la mer (édition électronique)"
Sous la direction de Sylviane Llinares
132e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Arles, 2007
2011
p. 55-65
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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De toutes les « images sur soi », le tatouage est à la fois une image privée protectrice et un moyen d’affirmer une identité, religieuse ou politique, d’exprimer tendresse ou révolte.
Parmi les tatouages, ceux des marins occupent assurément une place singulière. Ils ont commencé à fleurir à l’occasion des grands voyages océaniques et connaissent un réel développement de la fin du XVIIIe jusqu’au début du XXe siècle (avec un renouveau actuel).
Les traces de cette pratique peuvent être relevées, sous la forme de descriptions - sommaires ou détaillées – dans les registres matricules des gens de mer ainsi que sur ceux des galériens et forçats. Ils présentent un certain nombre de points originaux par rapport à ceux observés dans le monde anglo-saxon.
Le succès du tatouage chez les gens de mer dans la première moitié du XIXe siècle fait de cette pratique un sujet d’étude scientifique : d’abord de la part de médecins de marine, puis de criminologues cherchant à constituer des typologies, et enfin du législateur prohibant le marquage des corps.