L’Acadie de 1613 à 1627
2011
Gervais Carpin

Extrait de : "Migrations, transferts et échanges de part et d'autre de l'Atlantique. Histoire et Archéologie des XVIe et XVIIe siècles (édition électronique)"
Sous la direction de Steven R. Pendery et Fabienne Ravoire
133e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Québec, 2008
Éditions du CTHS
2011
p. 113-119
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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Les articles « Biencourt de Saint-Just, Charles de » et « Saint-Étienne de La Tour, Charles de », dans le Dictionnaire biographique du Canada sont assez représentatifs de l’historiographie sur l’histoire de l’Acadie entre 1613 et 1627. Ces deux personnages ont été les propriétaires successifs de la colonie de Port-Royal et, pourrait-on dire pour couper court, de l’Acadie (sinon en droit, du moins dans les faits) entre ces deux dates. En quelques lignes, on dit bien que le commerce avec la métropole a perduré, puis on conclut : « Laissé à l’abandon et ne recevant de nouvelles recrues que lorsqu’il arrivait à des marins de déserter, Port-Royal tombait peu à peu en ruine. On raconte que, pendant ses dernières années, Biencourt vivait de plus en plus parmi les indigènes. »
En fait, à la lecture des sources encore inédites mises au jour par Robert Le Blant et René Baudry dans les années soixante, on voit vivre un poste colonial, de nature marchande plutôt que de peuplement – mais qui vaut bien Québec à l’époque –, en relation permanente avec la France, non seulement en termes d’affaires, mais aussi au niveau de l’État français, avec ses représentants sur place. D’ailleurs, et n’est-ce pas l’indice de contacts étroits, à peine Richelieu aura-t-il établi en 1627 la nouvelle compagnie pour toute la Nouvelle-France qu’il recevra dans l’année une lettre de Charles de La Tour, lui affirmant mettre son énergie et les ressources du territoire au service de cette compagnie. Je propose donc, à partir de ces sources inédites, une réhabilitation d’une Acadie qui ne s’était pas perdue dans les bois...