Jour, heure, minute et seconde décimalisés
2011
Joëlle Mauerhan

Extrait de : "Pratique et mesure du temps (édition électronique)"
Sous la direction de Joëlle Mauerhan
129e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Textes de Françoise Bayard, Patrick Blandin, Françoise Bléchet, Colette Bourrier-Reynaud, Sonia Clairemidi, Emmanuelle Cournarie, Raymond d'Hollander, Jean Davoigneau, Suzanne Débarbat, Ania Guini-Skliar, Aurélien Joudrier, François Lassus, Françoise Le Guet-Tully, Joëlle Mauerhan, François Meyer, Isabelle Moesch, Laurent Poupard, † Léon Pressouyre, François Puel, François Vernotte
Éditions du CTHS
2011
p. 109-114
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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On situe couramment les origines de la décimalisation du temps à la Révolution française. S’essayer à en approfondir l’histoire est passionnant : on y croise tous les enjeux propres à la mesure du temps dans notre société.
Il faut remonter quelques années avant la Révolution pour comprendre que la décimalisation de l’heure, de la minute et de la seconde, avant d’être une idée politique, fut un besoin exprimé avant tout par les milieux scientifiques. Adoptée en même temps que la décimalisation du calendrier en 1793, et malgré l’opposition de Robespierre, elle est abandonnée officiellement dès 1795, alors que la réforme du calendrier survit jusqu’en 1805.
Au cours du XIXe siècle, elle n’est jamais totalement perdue de vue par les scientifiques. Elle a deux grands militants : l’ingénieur J. de Rey-Pailhade et l’horologer Leroy. Vers la fin du siècle, elle s’impose comme une évidence dans les techniques de gestion du temps industriel ; Taylor et son équipe, dont fait partie Gilbreth, l’adoptent car elle simplifie le chronométrage. On pense aussi à elle pour faciliter la communication entre les colonies françaises et la métropole.
Au XXe siècle, la décimalisation s’impose définitivement avec les technologies utilisant une base de temps (ordinateurs, technologies de la communication et de l’information). Aujourd’hui, nous vivons un temps décimalisé.