Le temps à travers les inscriptions des catacombes de Paris
2011
Ania Guini-Skliar

Extrait de : "Pratique et mesure du temps (édition électronique)"
Sous la direction de Joëlle Mauerhan
129e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Besançon, 2004
Textes de Françoise Bayard, Patrick Blandin, Françoise Bléchet, Colette Bourrier-Reynaud, Sonia Clairemidi, Emmanuelle Cournarie, Raymond d'Hollander, Jean Davoigneau, Suzanne Débarbat, Ania Guini-Skliar, Aurélien Joudrier, François Lassus, Françoise Le Guet-Tully, Joëlle Mauerhan, François Meyer, Isabelle Moesch, Laurent Poupard, † Léon Pressouyre, François Puel, François Vernotte
Éditions du CTHS
2011
p. 191-199
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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À Paris, en avril 1786, commence le transfert des ossements du cimetière des Innocents dans une vaste carrière souterraine de pierre à bâtir dont l’exploitation était abandonnée depuis déjà longtemps, non loin de l’actuelle place Denfert-Rochereau. Cet espace souterrain réaménagé pour la circonstance devient ensuite l’ossuaire municipal de Paris, les Catacombes. C’est ainsi que, de 1786 à 1859, on a transféré les ossements d’environ six millions de personnes provenant de plusieurs cimetières.
Le restaurateur des Catacombes, Héricart de Thury, ingénieur des Mines dirigeant l’inspection générale des carrières, a mis en place au début du XIXe siècle plus de quatre-vingts inscriptions gravées dans la pierre, toutes extraites d’œuvres littéraires, philosophiques ou religieuses, depuis l’Antiquité jusqu’à son époque. Le thème du temps qui passe et qui dévore inexorablement les hommes est à l’honneur dans ce sanctuaire. Ce thème universel, décliné de diverses manières, s’inspire très largement de la présence de millions d’ossements humains déposés dans cet espace souterrain plongé dans l’obscurité et le silence.