Le personnel d’une société savante russe à l’époque soviétique
2011
Cédric Pernette

Extrait de : "Les Sociétés savantes locales : des hommes au service de la connaissance et de la culture (édition électronique)"
Sous la direction de Bruno Delmas et Martine François
134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Bordeaux, 2009
Textes de Pierre Barbier, Danielle Bégot, Colette Bourrier-Reynaud, Bruno Delmas, Jean Flouret, Martine François, Aurore Hillairet, Pierre-Yves Péchoux, Cédric Pernette, René Plessix, Fanie Saint-Laurent, † Claude Tourniaire, Jean-Bernard Vaultier
Éditions du CTHS
2011
p. 59-69
Collection : Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques (édition électronique)

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L’histoire de la Société scientifique de Kostroma (KNO) est intéressante à plus d’un titre. Ce groupement érudit constitue un magnifique exemple de ce qu’il est convenu d’appeler « l’âge d’or des études régionales » en Russie. La Société scientifique de Kostroma a été active de 1912 à 1929, date de la violente reprise en main des sociétés savantes soviétiques par le pouvoir stalinien. Cette contribution se propose de dresser un panorama du personnel et des membres de cette société, l’une des plus représentatives du paysage savant russe et soviétique (kraevedenie). Il est particulièrement intéressant d’étudier le profil socioculturel des érudits russes en comparaison avec leurs homologues français. On s’interrogera aussi sur la participation des paysans aux travaux savants. On verra de même qu’à la différence de nombre de groupements d’Europe occidentale, la Société scientifique de Kostroma, comme d’autres sociétés russes, réservait aux femmes un rôle de premier plan. Cette étude de la composition des sociétés savantes soviétiques explique enfin en grande partie la violence avec laquelle le régime stalinien s’est acharné contre elles au tournant des années trente.